Code Civil

Article 175-2 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"Lorsqu'il existe des indices sérieux laissant présumer, le cas échéant au vu de l'audition ou des entretiens individuels mentionnés à l'article 63 , que le mariage envisagé est susceptible d'être annulé au titre de l'article 146 ou de l'article 180 , l'officier de l'état civil saisit sans délai le procureur de la République. Il en informe les intéressés. Le procureur de la République est tenu, dans les quinze jours de sa saisine, soit de laisser procéder au mariage, soit de faire opposition à celui-ci, soit de décider qu'il sera sursis à sa célébration, dans l'attente des résultats de l'enquête à laquelle il fait procéder. Il fait connaître sa décision motivée à l'officier de l'état civil, aux intéressés. La durée du sursis décidé par le procureur de la République ne peut excéder un mois renouvelable une fois par décision spécialement motivée. A l'expiration du sursis, le procureur de la République fait connaître par une décision motivée à l'officier de l'état civil s'il laisse procéder au mariage ou s'il s'oppose à sa célébration. L'un ou l'autre des futurs époux, même mineur, peut contester la décision de sursis ou son renouvellement devant le président du tribunal judiciaire, qui statue dans les dix jours. La décision du président du tribunal judiciaire peut être déférée à la cour d'appel qui statue dans le même délai."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article impose une procédure de protection quand l'officier d'état civil a des raisons sérieuses de penser qu'un mariage projeté pourrait être annulé pour des motifs prévus par le Code civil (par exemple des vices du consentement ou d'autres causes d'annulation). L'officier doit immédiatement saisir le procureur de la République et informer les futurs époux. Le procureur dispose de quinze jours pour autoriser le mariage, s'y opposer ou décider de le surseoir (le suspendre) afin de faire une enquête. Le sursis ne peut durer plus d'un mois, renouvelable une fois, et chacune de ces décisions doit être motivée. Les futurs époux (même s'ils sont mineurs) peuvent contester le sursis ou son renouvellement devant le président du tribunal judiciaire, qui statue rapidement, puis éventuellement en appel.

Exemple Concret

Marie, âgée de 20 ans, se présente à la mairie pour se marier. L'officier d'état civil remarque que son futur époux exerce une pression manifeste sur elle pendant l'entretien (réponses hésitantes, présence d'un parent menaçant), et qu'il existe des éléments indiquant qu'elle pourrait avoir été contrainte ou trompée. L'officier saisit le procureur et informe Marie et son futur époux. Le procureur ordonne, dans les quinze jours, un sursis d'un mois pour permettre une enquête sociale. À l'issue du mois, le procureur, ayant obtenu des éléments montrant une menace sur le consentement, s'oppose au mariage. Marie, estimant que l'enquête a été incomplète, conteste le sursis devant le président du tribunal judiciaire qui statue dans les dix jours.

Points Clés à Retenir
  • L'officier d'état civil doit saisir sans délai le procureur s'il existe des indices sérieux laissant présumer que le mariage pourrait être annulé (référence aux articles 146 et 180).
  • Les intéressés (futurs époux) doivent être informés de la saisine.
  • Le procureur a 15 jours pour décider : laisser célébrer, s'opposer ou surseoir à la célébration en ordonnant une enquête.
  • Le sursis dure au maximum un mois et ne peut être renouvelé qu'une seule fois, chaque décision devant être motivée.
  • À l'expiration du sursis, le procureur prend une décision motivée pour laisser ou empêcher la célébration.
  • Chaque futur époux, y compris s'il est mineur, peut contester le sursis ou son renouvellement devant le président du tribunal judiciaire, qui statue sous 10 jours.
  • La décision du président du tribunal judiciaire peut être portée devant la cour d'appel, qui statue également dans un délai court (10 jours).
  • La procédure vise à protéger le consentement et l'intégrité du mariage tout en garantissant un contrôle judiciaire rapide des mesures de suspension.

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