L'Explication Prémisse
La suspension de la prescription met le délai « en pause » : pendant la durée de la cause de suspension, on ne continue pas à compter le temps restant pour agir, mais le temps déjà écoulé avant la suspension n’est pas effacé. Quand la cause de la suspension cesse, le délai reprend à courir à partir de ce qui reste à courir.
Vous avez 5 ans pour réclamer des travaux mal faits. Après 2 ans, vous et l’artisan entrez en conciliation pendant 9 mois. Pendant ces 9 mois le délai est suspendu : on ne compte pas ce temps-là. À la fin de la conciliation, il vous restera donc encore 3 ans pour saisir le tribunal (les 2 ans déjà passés avant la suspension étant conservés).
- La suspension arrête temporairement le cours du délai de prescription.
- Le temps déjà écoulé avant la suspension n’est pas effacé : il est conservé et le délai reprend ensuite pour la durée restante.
- Quand la cause de suspension disparaît, le délai de prescription reprend son cours là où il s’était arrêté.
- La suspension se distingue de l’interruption : l’interruption fait repartir le délai depuis zéro, la suspension le met seulement en pause.
- La suspension ne joue que si elle est prévue par la loi ou résulte d’un fait empêchant d’agir (incapacité, force majeure, procédures légales de conciliation, etc.).
- Il appartient souvent à la partie qui s’en prévaut d’établir l’existence et la durée de la cause de suspension.