Code Civil

Article 375 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"Si la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur non émancipé sont en danger, ou si les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises, des mesures d'assistance éducative peuvent être ordonnées par justice à la requête des père et mère conjointement, ou de l'un d'eux, de la personne ou du service à qui l'enfant a été confié ou du tuteur, du mineur lui-même ou du ministère public. Dans les cas où le ministère public a été avisé par le président du conseil départemental, il s'assure que la situation du mineur entre dans le champ d'application de l'article L. 226-4 du code de l'action sociale et des familles. Le juge peut se saisir d'office à titre exceptionnel. Elles peuvent être ordonnées en même temps pour plusieurs enfants relevant de la même autorité parentale. La décision fixe la durée de la mesure sans que celle-ci puisse excéder deux ans. La mesure peut être renouvelée par décision motivée. Cependant, lorsque les parents présentent des difficultés relationnelles et éducatives graves, sévères et chroniques, évaluées comme telles dans l'état actuel des connaissances, affectant durablement leurs compétences dans l'exercice de leur responsabilité parentale, une mesure d'accueil exercée par un service ou une institution peut être ordonnée pour une durée supérieure, afin de permettre à l'enfant de bénéficier d'une continuité relationnelle, affective et géographique dans son lieu de vie dès lors qu'il est adapté à ses besoins immédiats et à venir. Un rapport concernant la situation de l'enfant doit être transmis annuellement, ou tous les six mois pour les enfants de moins de deux ans, au juge des enfants. Ce rapport comprend notamment un bilan pédiatrique, psychique et social de l'enfant."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article permet au juge d’ordonner des mesures d’assistance éducative quand la santé, la sécurité, la moralité ou le développement (physique, affectif, intellectuel, social) d’un mineur non émancipé est en danger ou gravement compromis. Plusieurs acteurs (les parents, l’un d’eux, la personne ou le service auprès duquel l’enfant est confié, le tuteur, le mineur lui‑même ou le ministère public) peuvent saisir le juge. La mesure est fixée pour une durée déterminée (maximum deux ans, renouvelable) et le juge peut exceptionnellement se saisir d’office. Si les difficultés parentales sont graves et chroniques, une prise en charge par un service ou une institution peut être ordonnée pour une durée plus longue afin d’assurer une continuité affective et géographique adaptée à l’enfant. Des rapports réguliers (annuels, ou tous les six mois pour les moins de deux ans) comprenant un bilan pédiatrique, psychique et social doivent être transmis au juge.

Exemple Concret

Marie, mère séparée, signale que son fils Paul, 4 ans, est souvent laissé seul après l’école car elle travaille de nuit et souffre d’un alcoolisme important. Paul a des retards de langage et des signes de malnutrition. L’école, la famille d’accueil temporaire où il a été confié et le procureur peuvent demander une assistance éducative. Le juge ordonne une mesure d’assistance éducative pour un an, avec un accompagnement socio‑éducatif et des bilans médicaux et psychologiques réguliers. Si, après plusieurs évaluations, les professionnels concluent que l’alcoolisme des parents est une difficulté chronique affectant durablement leur capacité à s’occuper de Paul, le juge pourra décider, pour préserver la stabilité affective et géographique de l’enfant, d’un accueil par un service adapté pour une durée supérieure à deux ans.

Points Clés à Retenir
  • Objet : protéger la santé, la sécurité, la moralité et le développement global du mineur non émancipé.
  • Qui peut saisir : père et mère conjointement ou l’un d’eux, la personne ou le service auquel l’enfant est confié, le tuteur, le mineur lui‑même, le ministère public (et le juge peut, exceptionnellement, se saisir d’office).
  • Type de mesure : mesures d’assistance éducative (accompagnement socio‑éducatif, soutien, etc.) pouvant inclure un accueil par un service ou une institution lorsque nécessaire.
  • Durée : la décision fixe une durée qui ne peut dépasser deux ans, renouvelable par décision motivée.
  • Exception pour placement plus long : si les parents ont des difficultés relationnelles et éducatives graves, sévères et chroniques affectant durablement leurs compétences parentales, un accueil institutionnel peut être ordonné pour une durée supérieure afin d’assurer continuité relationnelle, affective et géographique adaptée à l’enfant.
  • Mesures pour plusieurs enfants : la même décision peut être prise pour plusieurs enfants soumis à la même autorité parentale.
  • Rapports : un rapport doit être transmis au juge annuellement, et tous les six mois pour les enfants de moins de deux ans ; il doit notamment comporter un bilan pédiatrique, psychique et social.
  • Coordination : lorsque le président du conseil départemental alerte le ministère public, celui‑ci vérifie l’articulation avec les dispositions du code de l’action sociale et des familles (art. L.226‑4).

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