L'Explication Prémisse
Lorsque l'enfant bénéficie d'une mesure d'assistance éducative, ses parents conservent en principe l'autorité parentale, sauf pour les actes incompatibles avec la mesure. Ils ne peuvent pas émanciper l'enfant sans l'autorisation du juge des enfants pendant cette période. Si les parents refusent de façon abusive, sont négligents ou poursuivis/condamnés pour des faits concernant l'enfant, le juge peut, à la demande et après vérification, autoriser la personne, le service ou l'établissement qui accueille l'enfant à accomplir certains actes relevant de l'autorité parentale. Le placement doit privilégier l'intérêt de l'enfant et le maintien des liens familiaux (frères et sœurs, droit de visite et de correspondance). Le juge fixe les modalités des visites, peut les suspendre provisoirement, exiger qu'elles aient lieu en présence d'un tiers ou que l'aide sociale accompagne les visites, et, si nécessaire, décider de l'anonymat du lieu d'accueil. Enfin, le juge peut interdire la sortie du territoire de l'enfant pour une durée maximale de deux ans, décision qui sera inscrite au fichier des personnes recherchées.
Marie et Paul voient leur fils Lucas confié à un service de protection de l'enfance après des signalements pour négligence. Ils conservent l'autorité parentale, mais ne peuvent pas émanciper Lucas sans l'accord du juge. Le service d'accueil obtient du juge l'autorisation de décider de l'inscription scolaire de Lucas parce que ses parents refusent systématiquement de coopérer et ne répondent pas aux convocations ; le service doit prouver au juge que cette décision est nécessaire. Le juge organise des visites hebdomadaires : elles auront lieu en présence d'un éducateur pendant trois mois pour garantir la sécurité de Lucas. Le juge veille aussi à ce que Lucas reste avec sa petite sœur dans le même lieu d'accueil, et, craignant une tentative d'enlèvement, interdit la sortie du territoire pendant un an.
- Les parents conservent l'autorité parentale sauf pour les actes incompatibles avec la mesure d'assistance éducative.
- Interdiction d'émanciper l'enfant pendant la mesure sans autorisation du juge des enfants.
- Le juge peut, exceptionnellement et après preuve de nécessité, autoriser le tiers qui accueille l'enfant à accomplir un ou plusieurs actes relevant de l'autorité parentale en cas de refus abusif, de négligence ou de poursuites/condamnation des parents pour des faits sur l'enfant.
- Le lieu d'accueil doit être choisi dans l'intérêt de l'enfant et favoriser le maintien des liens familiaux, notamment avec les frères et sœurs (accueil en fratrie si possible).
- Les parents conservent un droit de correspondance et de visite ; le juge en fixe les modalités et peut provisoirement les suspendre si l'intérêt de l'enfant l'exige.
- Le juge peut imposer que les visites se déroulent en présence d'un tiers et charger l'aide sociale à l'enfance d'accompagner ces visites ; les modalités sont précisées par décret.
- Si possible, le juge fixe la nature et la fréquence des droits de visite et d'hébergement et peut permettre que leurs conditions soient déterminées conjointement entre parents et service/établissement accueillant, le juge tranchant en cas de désaccord.
- Le juge peut ordonner l'anonymat du lieu d'accueil pour protéger l'enfant.
- Le juge peut interdire la sortie du territoire de l'enfant pour une durée maximale de deux ans ; cette décision est inscrite au fichier des personnes recherchées.
- La charge de la preuve de la nécessité d'autoriser le tiers revient à la personne ou au service qui en fait la demande.