Code Civil

Article 2457 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"Le tiers acquéreur doit indemniser le créancier hypothécaire du préjudice résultant des dégradations qui ont diminué la valeur de l'immeuble par son fait ou par sa faute. Mais il peut obtenir remboursement, par prélèvement sur le prix de vente, de ses dépenses nécessaires à la conservation de l'immeuble et de celles qui en ont augmenté la valeur, dans la limite de la plus-value estimée au jour de la restitution."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article dit que si un acheteur qui n'est pas le créancier hypothécaire (un « tiers acquéreur ») a, par ses actes ou par sa négligence, abîmé un bien hypothéqué et que ces dégradations ont réduit sa valeur, il doit compenser le créancier hypothécaire pour ce dommage. En revanche, si ce même acheteur a fait des dépenses pour entretenir le bien ou pour l'améliorer, il peut se faire rembourser ces dépenses sur le prix de vente du bien, mais seulement dans la limite de la plus-value réelle qu'ont apportée ces travaux au moment où le bien est restitué au créancier.

Exemple Concret

Exemple concret : Jean achète une maison qui est grevée d’une hypothèque. Il démonte une partie de la toiture sans protection, ce qui provoque des infiltrations et une baisse de valeur estimée à 20 000 €. Plus tard, Jean effectue des réparations et une nouvelle cuisine pour 12 000 €, travaux qui augmentent la valeur du bien de 15 000 €. Quand le créancier hypothécaire réclame son dû et que le bien est vendu, Jean devra indemniser le créancier des 20 000 € de dégradations. En revanche, il pourra prélever sur le prix de vente jusqu’à 12 000 € pour se faire rembourser ses dépenses (plafonnées ici par la plus‑value estimée de 15 000 €).

Points Clés à Retenir
  • Le débiteur de l’obligation d’indemniser est le tiers acquéreur qui, par son fait ou sa faute, a causé des dégradations ayant diminué la valeur de l’immeuble.
  • L’indemnisation couvre le préjudice (la perte de valeur) résultant des dégradations causées par le tiers acquéreur.
  • Le tiers acquéreur peut être remboursé de ses dépenses nécessaires à la conservation du bien et de celles qui ont augmenté sa valeur.
  • Le remboursement se fait par prélèvement directement sur le prix de vente de l’immeuble (c’est‑à‑dire sur le produit de la vente réalisée par le créancier hypothécaire).
  • Le remboursement est limité à la plus‑value estimée au jour de la restitution : on ne peut pas se faire rembourser plus que l’augmentation de valeur effectivement créée par les travaux.
  • Pratique juridique importante : conservez factures, devis et expertises pour prouver les dépenses et l’augmentation de valeur (preuve nécessaire en cas de contestation).
  • Si le tiers acquéreur n’a pas commis de faute ou n’est pas à l’origine des dégradations, il n’est pas tenu d’indemniser pour celles‑ci.
  • L’article organise un équilibre entre la protection du créancier hypothécaire (recouvrement du préjudice) et la protection du tiers acquéreur (possibilité de récupérer ce qu’il a légitimement investi).
Besoin d'aide sur cet article ?

Vous avez un cas pratique ou une fiche d'arrêt à réaliser sur l'article 2457 ? L'IA Prémisse peut vous aider à rédiger votre devoir.

Disponible 24/7 • Méthodologie CRFPA