Droit civilResponsabilité civileL2

Arrêt Desmares

Cass. 2e civ., 21 juillet 1982, Desmares

En termes simples

Un piéton traverse imprudemment et se fait renverser. Le conducteur dit : 'c'est en partie sa faute'. La Cour de cassation répond : non, soit la faute du piéton est tellement grave qu'elle constitue un cas de force majeure (et le conducteur ne paie rien), soit elle ne l'est pas (et il paie tout). Pas de partage possible. C'est la règle du tout ou rien.

Fiche d'arrêt complète

Les Faits

M. Desmares conduisait son véhicule lorsqu'un piéton a traversé la chaussée de manière imprudente et a été renversé. Le conducteur invoquait la faute de la victime pour s'exonérer partiellement de sa responsabilité.

La Procédure

La cour d'appel avait retenu un partage de responsabilité en raison de la faute du piéton. Un pourvoi en cassation a été formé.

Les Prétentions des Parties

La victime demandait réparation intégrale. Le conducteur opposait la faute de la victime pour obtenir un partage de responsabilité.

Le Problème de Droit

La faute de la victime peut-elle entraîner une exonération partielle du gardien dans le cadre de la responsabilité du fait des choses ?

La Solution

La Cour de cassation a jugé que seul un événement présentant les caractères de la force majeure pouvait exonérer le gardien de la chose. La simple faute de la victime, même imprudente, ne permettait pas un partage de responsabilité.

La Portée

Cet arrêt adopte la théorie du 'tout ou rien' : soit la faute de la victime présente les caractères de la force majeure et exonère totalement le gardien, soit elle ne les présente pas et le gardien est tenu à réparation intégrale. Cette jurisprudence, très favorable aux victimes, a été tempérée par la loi Badinter de 1985 pour les accidents de la circulation.

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