Code Civil

Article 1396 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"Les changements qui seraient apportés aux conventions matrimoniales avant la célébration du mariage doivent être constatés par un acte passé dans les mêmes formes. Nul changement ou contre-lettre n'est, au surplus, valable sans la présence et le consentement simultanés de toutes les personnes qui ont été parties dans le contrat de mariage, ou de leurs mandataires. Tous changements et contre-lettres, même revêtus des formes prescrites par l'article précédent, seront sans effet à l'égard des tiers, s'ils n'ont été rédigés à la suite de la minute du contrat de mariage ; et le notaire ne pourra délivrer ni grosses ni expéditions du contrat de mariage sans transcrire à la suite le changement ou la contre-lettre. Le mariage célébré, il ne peut être apporté de changement au régime matrimonial que par l'effet d'un jugement à la demande de l'un des époux dans le cas de la séparation de biens ou des autres mesures judiciaires de protection ou par l'effet d'un acte notarié, le cas échéant homologué, dans le cas de l'article suivant."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Avant le mariage, toute modification d’un contrat de mariage (ou toute « contre‑lettre » qui en cacherait une autre) doit être faite avec les mêmes formalités que le contrat initial : un acte officiel signé en présence des mêmes parties. De plus, ces modifications ne sont valables que si toutes les personnes qui ont signé le contrat initial (ou leurs mandataires) sont présentes et donnent leur consentement en même temps. Pour être opposables aux tiers (banques, créanciers, etc.), ces changements doivent être rédigés et joints à la minute du contrat de mariage chez le notaire ; le notaire ne peut délivrer de copies du contrat sans y avoir transcrit le changement. Une fois le mariage célébré, on ne peut plus modifier librement le régime matrimonial : les variations ne sont possibles qu’à la suite d’un jugement dans certains cas (ex. séparation de biens liée à des mesures judiciaires) ou par un acte notarié, éventuellement homologué conformément aux règles suivantes articles.

Exemple Concret

Pierre et Marie préparent leur mariage. Avant la cérémonie, ils ont signé un contrat de mariage qui laisse la maison familiale au patrimoine de la mère de Marie. Pierre veut modifier cet article du contrat pour que la maison entre dans la communauté. Ils doivent revenir chez le notaire et établir un nouvel acte signé avec la même forme et, surtout, obtenir la présence et le consentement simultané de la mère (qui était partie au contrat initial) ou de son mandataire. Le notaire devra joindre cette modification à la minute du contrat ; sinon, si la modification est faite « en secret » ou n’est pas transcrite, la banque ne la saura pas et continuera de considérer la maison comme non communautaire. Après le mariage, Pierre et Marie ne pourront plus changer ce point sauf en obtenant un jugement approprié ou en passant par la procédure notariale prévue par la loi.

Points Clés à Retenir
  • Modifications avant le mariage doivent respecter les mêmes formes que le contrat initial (acte notarié, etc.).
  • Présence et consentement simultané de toutes les personnes parties au contrat de mariage (ou de leurs mandataires) requis pour toute modification ou contre‑lettre.
  • Les changements ou contre‑lettres, même formalisés, sont inopposables aux tiers s’ils n’ont pas été rédigés à la suite de la minute du contrat de mariage (c’est‑à‑dire joints à l’original notarié).
  • Le notaire ne peut délivrer de grosses ou d’expéditions du contrat de mariage sans y avoir transcrit la modification ou la contre‑lettre.
  • Après la célébration du mariage, le régime matrimonial ne peut plus être modifié librement : modification possible uniquement par jugement dans des cas déterminés (ex. séparation de biens liée à des mesures judiciaires) ou par acte notarié, éventuellement homologué.
  • La règle protège les tiers (sécurité juridique) et les parties originelles (éviter des changements unilatéraux ou secrets).
  • Le recours aux mandataires est possible, mais leur pouvoir doit être valablement établi et exercé simultanément avec les autres parties.
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