Code Civil

Article 171-8 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"Lorsque les formalités prévues à l'article 171-2 ont été respectées et que le mariage a été célébré dans les formes usitées dans le pays, il est procédé à sa transcription sur les registres de l'état civil à moins que des éléments nouveaux fondés sur des indices sérieux laissent présumer que le mariage encourt la nullité au titre des articles 144 , 146 , 146-1 , 147 , 161 , 162 , 163 , 180 ou 191 . Dans ce dernier cas, l'autorité diplomatique ou consulaire, après avoir procédé à l'audition commune des époux et, le cas échéant, aux entretiens individuels informe immédiatement le ministère public et sursoit à la transcription. A la demande de l'autorité diplomatique ou consulaire compétente au regard du lieu de célébration du mariage, l'audition commune et les entretiens individuels sont réalisés par l'officier de l'état civil du lieu du domicile ou de résidence en France des époux, ou par l'autorité diplomatique ou consulaire territorialement compétente si les époux ont leur domicile ou résidence à l'étranger. La réalisation de l'audition et des entretiens individuels peut être déléguée à un ou plusieurs fonctionnaires titulaires chargés de l'état civil ou, le cas échéant, aux fonctionnaires dirigeant une chancellerie détachée ou aux consuls honoraires de nationalité française compétents. Le procureur de la République dispose d'un délai de six mois à compter de sa saisine pour demander la nullité du mariage. Dans ce cas, les dispositions du dernier alinéa de l'article 171-7 sont applicables. Si le procureur de la République ne s'est pas prononcé dans le délai de six mois, l'autorité diplomatique ou consulaire transcrit l'acte. La transcription ne fait pas obstacle à la possibilité de poursuivre ultérieurement l'annulation du mariage en application des articles 180 et 184 ."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Si le mariage célébré à l'étranger a respecté les formalités prévues (article 171-2) et a été célébré selon les usages du pays, le consulat ou l'ambassade doit le transcrire dans les registres d'état civil français. Toutefois, si apparaissent des éléments nouveaux et sérieux laissant penser que le mariage pourrait être nul (par exemple pour défaut de capacité, défaut de consentement, bigamie, parenté prohibée, etc.), l'autorité diplomatique ou consulaire suspend la transcription, entend les époux (ensemble et éventuellement séparément), informe le procureur de la République et attend sa décision. Le procureur a six mois pour saisir le juge et demander l'annulation ; s'il ne le fait pas, la transcription est effectuée. Enfin, la transcription n'empêche pas une action ultérieure en nullité du mariage dans les cas prévus par la loi.

Exemple Concret

Marie et Julien, tous deux de nationalité française, se marient au Maroc après avoir accompli les démarches requises. Au consulat, les agents constatent que la cérémonie respecte les formes locales, mais reçoivent une dénonciation crédible indiquant que Julien serait déjà marié. Le consulat convoque Marie et Julien pour une audition commune et des entretiens séparés, informe le procureur et suspend la transcription de l'acte. Le procureur dispose de six mois pour demander l'annulation pour bigamie ; s'il ne le fait pas, le mariage sera transcrit sur les registres français, sans empêcher toutefois une éventuelle procédure d'annulation ultérieure si de nouveaux éléments le justifient.

Points Clés à Retenir
  • Transcription automatique si formalités de l'article 171-2 respectées et mariage conforme aux formes du pays.
  • Suspension de la transcription possible si des éléments nouveaux et sérieux laissent présumer une cause de nullité (ex. incapacité, vice du consentement, bigamie, parenté prohibée).
  • L'autorité diplomatique ou consulaire procède à une audition commune des époux et, si nécessaire, à des entretiens individuels avant d'informer le procureur.
  • Sur demande, ces auditions peuvent être réalisées par l'officier d'état civil du lieu de résidence en France ou par l'autorité consulaire territorialement compétente si les époux résident à l'étranger.
  • Les auditions peuvent être déléguées à des fonctionnaires d'état civil, chefs de chancellerie détachés ou consuls honoraires de nationalité française compétents.
  • Le procureur de la République a un délai de six mois à compter de sa saisine pour agir en nullité du mariage.
  • Si le procureur ne saisit pas le juge dans ce délai, l'autorité diplomatique ou consulaire procède à la transcription.
  • La transcription n'empêche pas qu'une action en annulation soit engagée ultérieurement en application des dispositions légales (articles 180 et 184, entre autres).
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