Code Civil

Article 758 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"Lorsque le conjoint survivant recueille la totalité ou les trois quarts des biens, les ascendants du défunt, autres que les père et mère, qui sont dans le besoin bénéficient d'une créance d'aliments contre la succession du prédécédé. Le délai pour la réclamer est d'un an à partir du décès ou du moment à partir duquel les héritiers cessent d'acquitter les prestations qu'ils fournissaient auparavant aux ascendants. Le délai se prolonge, en cas d'indivision, jusqu'à l'achèvement du partage. La pension est prélevée sur la succession. Elle est supportée par tous les héritiers et, en cas d'insuffisance, par tous les légataires particuliers, proportionnellement à leur émolument. Toutefois, si le défunt a expressément déclaré que tel legs sera acquitté de préférence aux autres, il sera fait application de l'article 927 ."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article protège les ascendants autres que les père et mère (grands-parents, arrières-grands-parents, etc.) qui se trouvent dans le besoin quand le conjoint survivant reçoit la totalité ou les trois quarts de la succession du défunt : ils peuvent obtenir une pension (une créance d'aliments) prélevée sur la succession du prédécédé. Cette demande doit être faite dans l'année qui suit le décès ou dans l'année qui suit l'arrêt des secours que les héritiers fournissaient auparavant. Si la succession est en indivision, ce délai court jusqu'au partage. La pension est supportée par tous les héritiers et, s'il manque des fonds, par les légataires particuliers au prorata de ce qu'ils reçoivent. Toutefois, un legs expressément déclaré prioritaire par le défunt prime selon l'article 927.

Exemple Concret

Mme Dupont décède ; son mari recueille les trois quarts de la succession. La grand-mère paternelle, qui vivait grâce aux aides financières de la défunte, se retrouve sans ressources suffisantes. Elle peut réclamer, dans l'année qui suit le décès, une pension prélevée sur la succession de Mme Dupont. Si la succession est encore en indivision au bout d'un an, elle pourra attendre la fin du partage pour faire valoir sa créance. La somme sera d'abord imputée sur la succession puis répartie entre tous les héritiers ; si l'argent de la succession ne suffit pas, les legataires particuliers contribueront aussi proportionnellement à leur legs.

Points Clés à Retenir
  • Bénéficiaires : ascendants du défunt autres que le père et la mère (ex. grands-parents) qui sont dans le besoin.
  • Condition d'ouverture du droit : le conjoint survivant recueille la totalité ou les trois quarts des biens du défunt.
  • Nature du droit : créance d'aliments contre la succession du prédécédé (prélevée sur la succession).
  • Délais : un an pour la réclamer à compter du décès ou du moment où les héritiers ont cessé d'acquitter les prestations antérieures ; en cas d'indivision, le délai est prolongé jusqu'au partage.
  • Répartition : la pension est supportée par tous les héritiers ; si la succession est insuffisante, les légataires particuliers contribuent proportionnellement à leur part.
  • Exception : un legs expressément indiqué comme prioritaire par le défunt bénéficie d'une application particulière (article 927) et peut primer sur cette réparti­tion.
  • Effet pratique : il s'agit d'une action contre la succession (actif successoral), non d'une dette personnelle automatique du conjoint survivant.
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